À compter de cet automne, une formation peu habituelle sera accessible aux praticiens débutants comme les plus expérimentés. La chirurgie humanitaire a pour but de les initier aux opérations en conditions d’urgence en cas d’attentat, de guerre ou de catastrophe.

Redécouvrir les fondamentaux du métier de chirurgien

Les chirurgiens de Belgique (et plus généralement de l’Occident) exercent dans des milieux où les conditions sont idéales. Blocs opératoires immaculés, équipements de pointe (notamment du matériel robotique toujours plus sophistiqué), ils disposent de moyens impressionnants pour réaliser toutes sortes d’opérations. En les obligeant à s’en passer, la chirurgie humanitaire les entraîne donc à ne compter que sur leurs propres compétences médicales. Le chirurgien digestif devra par exemple procéder lui-même à une ouverture abdominale et opérer avec un éventail réduit d’outils.

Outre l’habileté technique, c’est aussi le diagnostic clinique du médecin qui est remis sur le devant de la scène. Sans l’aide d’un scanner ou de toute imagerie médicale, le praticien s’en remettra à des méthodes traditionnelles (interroger le patient, l’examiner à l’œil ou au toucher, etc.) et se fiera à son jugement pour déterminer l’intervention à réaliser.

Cette formation (encore rare en Europe) vise donc à réapprendre les fondamentaux de la médecine à des chirurgiens aguerris. Au-delà du simple intérêt académique, ce retour aux sources a une utilité bien réelle.

Réapprendre le métier pour pouvoir mieux l’exercer

Attirant de plus en plus de praticiens de Belgique, d’Europe et d’ailleurs, la formation prépare les chirurgiens digestifs et autres à pouvoir intervenir dans des conditions extrêmes. Sans nécessairement recourir à des missions humanitaires dans des pays en crise (guerres, catastrophes naturelles…), certaines situations peuvent requérir cette capacité. En effet, les accidents graves ou les attentats sont autant de cas où la chirurgie d’urgence peut faire la différence entre la vie et la mort d’une personne. Les hémorragies internes sont un besoin typique ; il est essentiel de pouvoir l’arrêter immédiatement sans attendre de réaliser un scanner ou une radio.

Dans les pays développés, la spécialisation est devenue inhérente à la vocation de chirurgien. La pratique humanitaire l’incite cependant à être plus polyvalent. Dans l’urgence, il est en effet nécessaire de savoir réaliser différents types de chirurgie avec un matériel rudimentaire. Passer d’une fracture à un accouchement par césarienne n’est pas une situation habituelle pour le professionnel d’un hôpital belge. C’est pourtant un cas que rencontrent régulièrement les missionnaires de Médecins Sans Frontières, dont certains interviendront en tant qu’enseignant dans cette formation particulière.

Ouverte aux chirurgiens et assistants (de toutes nationalités) ayant au moins 3 ans d’expérience, la formation en chirurgie humanitaire dure une douzaine de jours répartis en 4 modules.


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